Vendredi 13 mars 2026

Les chiffres 2025 du Baromètre de la Science Ouverte viennent d’être publiés par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Cet outil national permet de mesurer, pour chaque établissement, la part des publications scientifiques accessibles gratuitement en ligne.

L’accès ouvert signifie que les articles scientifiques sont disponibles sans abonnement ni barrière financière. Cela permet aux chercheurs, aux professionnels, aux étudiants et plus largement au public d’accéder librement aux résultats de la recherche.

Aujourd’hui, 91 de nos 108 publications sont en accès ouvert, soit un taux de 84 %. Ce résultat nous situe nettement au-dessus de la moyenne nationale, qui s’établit à 62 %, et confirme notre engagement en faveur du partage et de la diffusion des connaissances.

L’ensemble de nos statistiques détaillées sont consultables en ligne.

3 questions à Olivier Pourret, enseignant-chercheur en Géochimie et référent Open Science à UniLaSalle

 

Qu'est-ce que le Baromètre Science Ouverte, et pourquoi est-ce un indicateur important pour une école d'ingénieurs comme la nôtre ?

"Le Baromètre français de la Science ouverte (BSO) est un outil de mesure développé par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace. Son objectif est de mesurer l'évolution de la science ouverte en France à partir de données fiables, ouvertes et maîtrisées. 

Sur le volet publications, le Baromètre de la Science ouverte mesure le ratio de publications françaises disponibles librement en ligne sur le total des publications, par année, par discipline ou par éditeur. Les données sont croisées à partir de sources comme Unpaywall, HAL, PubMed ou DOAJ. 

Pour une école d'ingénieurs comme UniLaSalle, c'est un indicateur stratégique à plusieurs titres. D'abord, il permet de se positionner par rapport à la moyenne nationale et de rendre visible l'effort de recherche accompli. Ensuite, il s'inscrit dans un cadre réglementaire qui concerne toutes les institutions produisant de la recherche publique. Enfin, pour une école à vocation professionnalisante et ancrée dans des thématiques comme l'agronomie, l'environnement ..., l'accès ouvert facilite la diffusion des résultats vers les acteurs socio-économiques, entreprises, collectivités, associations, au-delà des seules communautés académiques."

Avec 84 % contre 62 % au niveau national, UniLaSalle se distingue nettement. Comment expliquer cet écart, et quels facteurs ont été déterminants ?

"Cet écart significatif, plus de 20 points au-dessus de la moyenne nationale, ne relève pas du hasard. Plusieurs facteurs structurels et culturels peuvent l'expliquer.

Le premier facteur est l'engagement institutionnel explicite en faveur de la Science ouverte. UniLaSalle a développé une politique interne, structurée depuis 2020, encourageant le dépôt systématique des publications sur des archives ouvertes, à commencer par HAL, qui constitue l'un des canaux principaux de la voie verte en France selon le Baromètre de la Science ouverte. Cet engagement s'est traduit par une sensibilisation des enseignants-chercheurs et un accompagnement à la démarche de dépôt.

Le deuxième facteur tient à la taille et à la cohésion de la communauté de recherche. Dans une structure à taille humaine comme UniLaSalle, il est plus aisé de diffuser une culture commune, d'identifier les publications concernées et d'assurer un suivi individualisé. 

Un troisième facteur est la nature des publications produites. Une part significative des travaux d'UniLaSalle s'inscrit dans des revues ou des disciplines où l'accès ouvert est déjà bien implanté (sciences de l'environnement, agronomie, géosciences), notamment via des revues en accès ouvert diamant ou des politiques d'embargo courtes.

Enfin, la présence de chercheurs activement engagés dans les débats sur l'accès ouvert, y compris au niveau de la communauté internationale, joue un rôle de levier interne non négligeable, en maintenant la question à l'agenda et en motivant les collègues."

Quels sont les freins qui subsistent, et quels objectifs pour les prochaines années ?

"Malgré ces résultats encourageants, des freins réels subsistent. On peut citer : la résistance de certains éditeurs qui maintiennent des embargos longs ou des politiques restrictives sur l'auto-archivage ; la méconnaissance ou le manque de temps de certains chercheurs pour effectuer les dépôts ; la fragmentation des pratiques selon les disciplines ; et la difficulté à suivre les publications issues de collaborations internationales où les co-auteurs ne sont pas soumis aux mêmes obligations.

Pour les prochaines années, l'objectif national est ambitieux : atteindre 100 % d'accès ouvert pour les articles de revue d'ici 2030, conformément à la stratégie nationale de Science ouverte. Pour UniLaSalle, cela implique de consolider les acquis sur les publications, mais aussi de progresser sur le partage des données de recherche et des codes, en développant des pratiques de gestion des données dès la conception des projets (plans de gestion des données), et en s'appuyant sur les infrastructures nationales disponibles (entrepôts disciplinaires, HAL, etc.)."