Mes recherches portent sur l’écologie fonctionnelle des interactions sol-plantes dans les écosystèmes herbacés et les agroécosystèmes. À la croisée de l’écologie, de la science du sol et de l’agronomie, elles associent approches fondamentales et appliquées pour comprendre comment les plantes répondent à leur environnement et, en retour, le façonnent. En quantifiant les caractères fonctionnels des plantes, je caractérise leur réponse aux propriétés du sol, au climat et aux pratiques de gestion, ainsi que leurs effets sur les fonctions des sols (disponibilité des nutriments, structure, maîtrise de l’érosion et du tassement, infiltration de l’eau). Ce cadre réponse-effet permet de concevoir des agroécosystèmes plus résilients face aux aléas climatiques et environnementaux.
Un enjeu central est de démêler la complexité de ces interactions, en particulier les boucles de rétroaction et les interactions plante-plante, sous contraintes combinées du sol et du climat. Mes travaux récents montrent le rôle clé des caractères fonctionnels et de leur diversité dans la disponibilité et l’acquisition du phosphore, ainsi que dans la réduction de l’érosion et du tassement des sols (Functional Ecology, 2021 ; Geoderma, 2022 ; Advances in Agronomy, 2015 ; Trends in Plant Science, 2017). En identifiant les caractères et les combinaisons d’espèces qui améliorent le fonctionnement des sols tout en tamponnant les cultures face à la variabilité climatique, je cherche à en faire des leviers pour des systèmes de culture stables et robustes. J’ai également contribué à articuler agroécologie et bioéconomie (Plant and Soil, 2023) et à des travaux sur le rôle des plantes dans les cycles biogéochimiques globaux (Science, 2020).
Une part croissante de mon travail porte sur l’hétérogénéité spatiale, temporelle et/ou biologique, que je caractérise à des échelles fines, de la zone racinaire à la parcelle. Plutôt que de la moyenner comme du bruit, je la considère comme un moteur du fonctionnement des agroécosystèmes et de leur réponse aux aléas, ce qui ouvre de nouvelles questions de recherche et de nouvelles innovations pour la gestion des systèmes vivants.
Cette recherche s’étend aujourd’hui à une démarche interdisciplinaire voire Trans avec les acteurs des territoires et des filières, notamment à travers le programme TRANSITIONS et la chaire « Fermes résilientes et bénéfiques pour le climat et la biodiversité » (2024-2028, VIVESCIA). Nous y complétons les expérimentations contrôlées par des données de terrain collectées avec et pour les agriculteurs, et co-construisons des solutions qui renforcent la résilience des fermes et des territoires. Ce dialogue entre science et société s’incarne dans Agroécologia, scénographie immersive que j’ai créée comme outil d’innovation pédagogique. Elle rend accessibles des connaissances scientifiques complexes, sans simplification abusive, aux étudiants, agriculteurs, citoyens et décideurs.
- Auteurs de plus de 80 publications dans des revues internationales à comité de lecture, de 7 chapitres et plus de 70 communications en congrès.
- Éditeur de section pour Plant and Soil (Springer Nature).
- Expert dans l’évaluation de projets nationaux et européens et pour des entreprises